SURMORTALITE  HIVER 2017/2018

Mai 2018

Suite au constat de surmortalité avoisinant les 80% des ruches en France, le Syndicat National d'Apiculture alerte le ministre sur cette situation alarmante pour l'ensemble de la filiÚre apicole.

Trouvez la lettre envoyée au Ministre de l'Agriculture ICI

Le communiqué de presse du SNA ICI

                                          POLINISATEURS

Mars 2018

L'Union européenne cherche à mettre en place une initiative commune et invite tous les particuliers et organisations intéressés à contribuer à une consultation sur les causes et les conséquences du déclin des pollinisateurs, les mesures d'atténuation possibles et la dimension européenne du problÚme.
Date limite : 5 avril 2018.

Cliquez sur ce lien : https://ec.europa.eu/info/consultations/public-consultation-eu-initiative-pollinators_fr

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                     LETTRE D'INFORMATION DU SNA - FEVRIER18

TĂ©lĂ©charger la lettre du mois de fevrier du Syndicat National d'Apiculture  ICI

                                  REPPORTAGE TV DU MOI DE JANVIER 

                LE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE ET L'APICULTURE

Janvier 2018

Retrouvez la présentation faite lors de la derniÚre conférence sur l'influence du réchauffement climatique sur l'apiculture, conférence présentée lors de la derniÚre Tribune apicole de la FAARA à Montmélian le 9/12/2017

 

Téléchargement ICI

                                  BULLETIN D'ADHESION 2018

Trouvez le bulletin d'adhésion 2018 , remplissez le et envoyez le au président de la section qui couvre votre commune ( voir rubrique "Les Sections")

Téléchargez le ICI

                           DES NOUVELLES DU FRELON ASIATIQUE

Aout 2017

Téléchargez la derniÚre newletter concerant le frelon asiatique ICI

                                         NEWSLETTER DU SNA

Aout 2017

Retrouvez la Newsletter du SNA ICI

                                        VISITE DES ETS ISNARD

FEVRIER 2017

 

Le groupement d'achat organise une visite des Ă©tablissement ISNARD Ă  Thonon Les Bains le 3 Juin 2017.

Au programme: visite , dĂ©monstration de gaufrage, fabrication de candi Ă  froid.

Le repas est inclu ainsi qu'une visite d'Yvoire et une croisiĂšre en bateau sur le lac Leman.

Télécharger le programme & les modalités d'inscription ICI

                   BRUXELLES DIFERE LA FIN DES NEONICOTINOIDES

JANVIER 2017

 

Vu dans le Monde du 13 janvier 2017 un article concernant la position de Bruxelles sur la fin des nĂ©onicotinoides en Europe. TĂ©lĂ©charger le ICI

                          Aethina tumida- POINT SUR LE DANGER SANITAIRE

DECEMBRE 2016

 

Télécharger les derniÚres informations sur le bilan de l'infestation en Italie en cliquant ICI

                     VESPA VELUTINA- SUIVI EXPANSION EN EUROPE

 

 

 

                        INFORMATION SUR LE MOUSTIQUE TIGRE

JUILLET 2016

 

Le moustique tigre a Ă©tĂ© observĂ© en France pour la premiĂšre fois Ă  partir de 2004 et depuis s'Ă©tend progressivement sur le territoire. Il a gagnĂ© la rĂ©gion en 2012 et est implantĂ© et actif en Savoie depuis 2014. Face Ă  ce constat, le prĂ©fet de Savoie a pris un arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral prĂ©cisant le plan d'actions dĂ©partemental mis en Ɠuvre pour lutter contre ce nuisible.

 

Le moustique tigre, aedes albopictus :

 

-        trĂšs petite taille,

-        zĂ©brures blanches et noires

-        zone urbaine, pas dans les milieux naturels

-        a besoin d'eau mĂȘme en trĂšs petite quantitĂ©

-        prĂ©sent de mai Ă  novembre

-        se dĂ©place peu

 

Si vous pensez avoir observé un moustique tigre, signaler le à l'adresse suivante :

http://www.signalement-moustique.fr.

 

 

Pourquoi lutter contre le moustique tigre ?

 

-        TrĂšs nuisant de par ses piqures : Ă  l'extĂ©rieur et pendant la journĂ©e (matin et soir surtout)

 

-        Vecteur de maladies : des virus tels que le chikungunya, la dengue et le zika.

Maladies liées à un voyage mais risque de contamination des personnes localement par le moustique tigre aujourd'hui installé dans le département

 

Quels sont les dispositifs de surveillance ?

 

-        Une surveillance du moustique tigre (larves et adultes)

Objectifs : délimiter la zone colonisée et la densité de moustiques présents.

Ces actions sont réalisées par l'entente interdépartementale de démoustication (EID).

 

-        Une surveillance sanitaire : tous les malades atteints de chikungunya, dengue et zika sont dĂ©clarĂ©s Ă  l'agence rĂ©gionale de santĂ© (ARS)

EnquĂȘte auprĂšs du malade et/ou de son mĂ©decin afin de connaitre les lieux frĂ©quentĂ©s par le malade pendant la pĂ©riode oĂč il pouvait contaminer des moustiques tigre.

 

Ces informations sont transmises Ă  l'EID qui se rend sur place pour dĂ©tecter si le moustique tigre est prĂ©sent dans la zone oĂč est le malade.

Si le moustique tigre est présent : application d'un traitement insecticide

 

Traitement insecticide et protection des abeilles :

 

-        2 conditions obligatoires : personne malade (chikungunya, dengue ou zika) et prĂ©sence de moustiques tigre.

-        Produit : deltamĂ©thrine ou pyrĂšthre naturel (agriculture biologique).

Action : systĂšme nerveux, nocif pour les abeilles

-        DĂ©lais trĂšs courts d'intervention : 48 Ă  72h

-        Zone traitĂ©e : pĂ©rimĂštre de 200 m autour du patient, sur la voie publique pendant la nuit (4-5h du matin) par nĂ©bulisation

 

Afin de protéger les abeilles en cas de traitement, la DDCSPP informera, par tous moyens, les apiculteurs concernés, dÚs connaissance du périmÚtre d'application du traitement.

Attention : les délais pour la réalisation du traitement sont trÚs courts dÚs l'information transmise : de 48 à 72h.

           LES DEPUTES VOTENT L'INTERDICTION DES PESTICIDES

MARS 2016

 

Les dĂ©putĂ©s votent l'interdiction des pesticides tueurs d'abeilles au terme de deux heures de discussion par 30 voix contre 28. Ce texte interdit l'utilisation des pesticides Ă  partir du 1er Septembre 2018 sur l'ensemble des cultures . Celon le Monde du 18 mars, notre ministre de l'agriculture avait envoyĂ© une missive aux dĂ©putĂ©s pour les inciter Ă  refuser l'interdiction des nĂ©onicotinoĂŻdes au titre de la distorsion entre l'agriculture française et celle du reste de l'europe et que les solutions de remplacement ne prĂ©sentent pas de garantie suplĂ©mentaire pour les pollinisateurs.

« Les nĂ©onicotinoĂŻdes sont arrivĂ©s en France en 1994. Depuis lors, environ 300 000 colonies d’abeilles domestiques pĂ©rissent chaque annĂ©e, dĂ©nonce Henri ClĂ©ment, porte-parole et ancien prĂ©sident de l’Union nationale de l’apiculture française (l’Unaf). Aujourd’hui il y a plus de  mille enquĂȘtes scientifiques Ă  charge contre eux. » Les apiculteurs visent particuliĂšrement l’imidaclopride – « 7 297 fois plus toxique que le DDT » –, qui est en train de se diffuser largement dans l’environnement. Depuis 2013, cet insecticide est apparu parmi les quinze substances les plus dĂ©tectĂ©es dans les cours d’eau en France, alors qu’il Ă©tait au-delĂ  du 50e rang cinq ans auparavant.

 

TĂ©lĂ©charger le communiquĂ© de presse du ministĂšre de l'agriculture de l'agroalimentaire er de la forĂȘt   ICI

Vous voulez connaĂźtre le vote de votre dĂ©putĂ©, ouvrez ce lien : http://mondepute.free.fr/ 

                             PETITION CONTRE LES NEONICOTINOIDES

FEVRIER 2016

 

 

 

L'association "Agir pour l'environnement", en collaboration avec l'UNAF-Union nationale pour l'Apiculture Française, le SNA-Syndicat National d'Apiculture, la FFAP-Fédération Française des Apiculteurs Professionnels, la Confédération Paysanne et Greenpeace vous invitent à signer cette pétition à destination de nos élus pour qu'ils se mobilisent enfin contre les néonicotinoïdes qui empoisonnent la nature, la faune -en particulier les pollinisateurs- et l'humanité;

Cliquez sur le lien : http://neonicotinoides.agirpourlenvironnement.org/>

           OGM Premier vote d'eurodĂ©putĂ©s contre l'utilisation d'OGM dans l'alimentation

 

 

 


Communiqué de l'AFP:

 

 

Bruxelles, 13 oct 2015 (AFP) - Le comité Environnement du Parlement européen a voté mardi à Bruxelles contre la proposition de la Commission sur l'utilisation des OGM dans la nourriture humaine et animale, un vote de mauvaise augure pour l'adoption ultérieure de ce texte.

Le comitĂ© se prononçait sur une proposition de la Commission qui vise Ă  donner plus de libertĂ© aux Etats membres sur l'utilisation des OGM sur leur territoire, qu'ils auraient la possibilitĂ© d'accepter ou non. L'avis du comitĂ© est gĂ©nĂ©ralement suivi par les eurodĂ©putĂ©s en session plĂ©niĂšre : le dĂ©bat et le vote sont prĂ©vus le 28 octobre. Le soutien du Parlement est nĂ©cessaire pour l'adoption du texte. Ce dernier, dans le mĂȘme esprit que celui adoptĂ© au printemps dernier dans le cadre de la culture des OGM, est loin de faire l'unanimitĂ©.

Des Etats membres aux dĂ©putĂ©s, certains craignent notamment pour le principe de libre-circulation des biens au sein de l'Union europĂ©enne. « Une majoritĂ© claire des dĂ©putĂ©s de la commission parlementaire ne souhaite pas menacer le marchĂ© intĂ©rieur. Pour nous, la lĂ©gislation existante devrait continuer de s'appliquer, et les États membres devraient endosser leurs responsabilitĂ©s et prendre une dĂ©cision au niveau europĂ©en, plutĂŽt que d'introduire des interdictions nationales », a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident du comitĂ© de l'Environnement, Giovanni La Via (PPE, centre-droit). La recommandation a Ă©tĂ© adoptĂ©e par 47 voix pour, 3 voix contre et 5 abstentions.

Les inquiĂ©tudes vis-Ă -vis de la proposition de la Commission sont venues de toute part, outre des EuropĂ©ens eux-mĂȘmes : des professionnels de l'agroalimentaire en Europe, des principaux pays exportateurs de produits agricoles, mais aussi des ONG de dĂ©fense de l'environnement. « Nous rappelons aujourd'hui (au prĂ©sident Jean-Claude Juncker) que laisser aux États membres le choix de refuser individuellement un OGM est non seulement cynique mais Ă©galement une source d'incertitude juridique ingĂ©rable », a observĂ© de son cĂŽtĂ© MichĂšle Rivasi, Ă©lue Verts-ALE et membre du comitĂ© Environnement.

Plusieurs dizaines d'OGM sont actuellement autorisĂ©s au sein de l'UE, destinĂ©s Ă  l'alimentation humaine ou animale. L'UE est le premier importateur mondial de produits agricoles, trĂšs dĂ©pendante des importations pour nourrir ses animaux d'Ă©levage. En 2013, l'UE a notamment importĂ© 18,5 millions de tonnes de tourteaux de soja et 13,5 millions de tonnes de graines de soja, soit plus de 60 % de ses besoins en plantes protĂ©agineuses, selon des chiffres de 2013. Ces importations venaient presque entiĂšrement de quatre pays (BrĂ©sil, Argentine, Etats-Unis et Paraguay) oĂč le pourcentage de cultures gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©es de soja se monte Ă  90 %. En revanche, trĂšs peu de produits gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©s se retrouvent dans les rayons des supermarchĂ©s europĂ©ens, ce qui est gĂ©nĂ©ralement attribuĂ© Ă  la lĂ©gislation en termes d'Ă©tiquetage ou encore Ă  la disponibilitĂ© des produits sans OGM.

ARGUMENTAIRE CONTRE LES PESTICIDES  REDIGE PAR LE SNA

Ce document a Ă©tĂ© rĂ©digĂ© par le SNA  , les pesticides nĂ©onicotinoĂŻdes font actuellement l'objet d'un dĂ©bat au sĂ©nat , notre syndicat l'a envoyĂ© aux deux sĂ©nateurs de la Savoie comme d'autres syndicats dĂ©partementaux.

 

 

Les nĂ©onicotinoĂŻdes sont une famille d’insecticides agissant sur le systĂšme nerveux central des

insectes. Ce type de produit est présent sur le marché français depuis 1994. Sous ces dénominations, on trouve les substances actives suivantes : thiaméthoxam, imidaclopride,thiaclopride, dinotéfuran, acétamipride, et clothianidine, qui sont jusqu'à 10.000 fois plus toxiques que le DDT.

Contrairement Ă  d'autres pesticides qui restent sur la surface du feuillage traitĂ©, les pesticides systĂ©miques, y compris les nĂ©onicotinoĂŻdes et le fipronil, sont repris par la plante et transportĂ©s danstous les tissus (feuilles, fleurs, racines et tiges, ainsi que dans le pollen et le nectar).En consĂ©quence de leur usage largement rĂ©pandu, ces substances sont trouvĂ©es dans tous les compartiments de l’environnement : sol, eau et air. La persistance dans les sols, les cours d'eau etles plantes non-cibles est variable mais peut ĂȘtre longue ; par exemple, la demi-vie des nĂ©onicotinoĂŻdes dans les sols peut dĂ©passer 1000 jours et ils peuvent persister dans les plantes ligneuses pour des pĂ©riodes supĂ©rieures Ă  un an.

L’évaluation mondiale intĂ©grĂ©e (WIA : Worldwide Integrated Assessment) entreprise par le groupe de travail sur les pesticides systĂ©miques (TFSP : Task Force on Systemic Pesticides) a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e pour fournir une analyse complĂšte et indĂ©pendante sur ces produits chimiques et leurs impacts sur les Ă©cosystĂšmes et sur la biodiversitĂ©, afin d'informer sur les mesures Ă  prendre.

Rassemblant tout ce qui est connu et publié, prÚs de 800 études ont été analysées par une trentaine de chercheurs du monde entier dans les différents champs disciplinaires concernés, de la biologie àla physique, la chimie, la toxicologie.

Les résultats ont été publiés dans le journal à comité de lecture : Environmental Science and Pollution Research (ESPR, Springer)i en 2014.Un extrait des conclusions :

‱ Les nĂ©onicotinoĂŻdes sont persistants - en particulier dans les sols - pendant des mois et,dans certains cas, pendant des annĂ©es oĂč ils s'accumulent. Cela augmente leurs impacts toxiques en augmentant la durĂ©e d'exposition des espĂšces non cibles.

‱ Les mĂ©tabolites des nĂ©onicotinoĂŻdes (les composĂ©s issus de leur dĂ©composition) sont souvent autant, voire plus toxiques, que les substances actives.

‱La combinaison de la persistance (pendant des mois ou des annĂ©es) et de la solubilitĂ© dans l'eau a conduit Ă  la contamination Ă  grande Ă©chelle des sols, des eaux de surface et de la vĂ©gĂ©tation traitĂ©e (et non traitĂ©e) et conduit Ă  l'accumulation dans les sols et les sĂ©diments. Il existe des preuves solides que les sols, les cours d'eau et des plantes dans les milieux agricoles, urbains et les zones de drainage, sont contaminĂ©s avec des concentrations environnementales trĂšs variables par des mĂ©langes de nĂ©onicotinoĂŻdes ou fipronil et de leurs mĂ©tabolites.

‱La biodisponibilitĂ© Ă  grande Ă©chelle de ces insecticides dans l'environnement mondial est Ă  des niveaux qui sont connus pour induire des effets lĂ©taux et sublĂ©taux sur un large Ă©ventail de micro-organismes bĂ©nĂ©fiques terrestres des sols et aquatiques, des invertĂ©brĂ©s et des

vertĂ©brĂ©s,. Cette biodisponibilitĂ© induit des risques pour le fonctionnement des Ă©cosystĂšmes et les services Ă©co-systĂ©miques fournis par les Ă©cosystĂšmes terrestres et aquatiques, y compris les fonctions des sols et de l’eau douce, comme le recyclage de la matiĂšre organique et le cycle des Ă©lĂ©ments nutritifs, la production alimentaire, la lutte biologique et les services de pollinisation.

‱Les pollinisateurs (comme les abeilles) sont exposĂ©s Ă  travers, au moins : un contact direct avec les poussiĂšres pendant les semailles ; la consommation du pollen, du nectar, des gouttes de guttation, des nectaires extra-floraux, du miellat issu de plantes cultivĂ©es et traitĂ©es ; l’exposition Ă  l'eau contaminĂ©e; la consommation de pollens et de nectar contaminĂ©s provenant des fleurs et des arbres sauvages qui poussent prĂšs des cultures traitĂ©es ou des plans d'eau contaminĂ©s. L’étude des rĂ©serves dans les colonies d'abeilles Ă  partir d'un Ă©ventail d'environnements trĂšs variĂ© Ă  travers le monde montre que les colonies sont

réguliÚrement exposées de maniÚre chronique aux néonicotinoïdes, au fipronil et à leurs métabolites (le plus généralement de l'ordre de 1 à 100 ppb), souvent en combinaison avec d'autres pesticides dont certains sont connus pour agir en synergie avec les néonicotinoïdes.

‱ Les impacts sur les pollinisateurs sont particuliĂšrement prĂ©occupants. Chez les abeilles, les concentrations rĂ©alistes sur le terrain nuisent Ă  la navigation individuelle, l'apprentissage, la collecte de nourriture, la longĂ©vitĂ©, la rĂ©sistance aux maladies et la fĂ©conditĂ©. Pour les bourdons, les effets irrĂ©futables au niveau de la colonie ont Ă©tĂ© trouvĂ©s chez les colonies exposĂ©es chez lesquelles la croissance est plus lente et la production de reines est bien moindre.

‱L’ensemble des preuves examinĂ©es indique que l’échelle actuelle d'utilisation des nĂ©onicotinoĂŻdes et du fipronil n'est pas une approche de gestion de la lutte antiparasitaire durable et qu’elle compromet les actions de nombreuses parties prenantes dans le maintien et le soutien de la biodiversitĂ©, et par suite, des fonctions et les services Ă©cologiques rendus par divers organismes.

 

La Commission europĂ©enne a restreint l’utilisation de trois substances actives de la famille des nĂ©onicotinoĂŻdes ( clothianidine, thiamĂ©thoxam et imidaclopride), suite Ă  plusieurs avis de l’Agence EuropĂ©enne de SĂ©curitĂ© des Aliments (AESA), constatant les risques Ă©levĂ©s de l’utilisation de ces substances pour les abeilles, 

Cette dĂ©cision a constituĂ© un premier pas important dans la reconnaissance du rĂŽle de ces molĂ©cules dans le dĂ©clin des pollinisateurs constatĂ© dans toute l’Europe et dans de nombreuses parties dumonde.

MalgrĂ© ce, ces produits restent utilisĂ©s sur de trĂšs larges surfaces, car les restrictions ne concernent ni les cĂ©rĂ©ales d’hiver (la majoritĂ© en France) ni les traitements foliaires aprĂšs floraison. Les abeilleset pollinisateurs continuent Ă  ĂȘtre exposĂ©es (poussiĂšres des semis, pollen et nectar des adventices et des cultures suivantes
)

L’abeille et les pollinisateurs sont le vecteur de pollinisation indispensable Ă  la biodiversitĂ© etaux rendements des cultures agricoles. La valeur Ă©conomique de la pollinisation a Ă©tĂ© estimĂ©e Ă  28,5 milliards de dollars US par an dans l'UEii, 35% de la production mondiale de nourriture est liĂ©e aux insectes pollinisateurs.On estime un dĂ©ficit de 13,4 millions de colonies d’abeilles pour polliniser correctement les cultures europĂ©ennes et en France Ă  peine de 25 % des colonies nĂ©cessaires sont prĂ©sentes. Il est urgent et nĂ©cessaire d’agir.

 

Bien sur les néonicotinoïdes ne sont pas les seuls responsables du déclin des abeilles, mais

lorsqu'elles ne seront plus chroniquement intoxiquées elles réagiront mieux aux autres agressions.

Lorsque l'Italie a interdit leur usage, les mortalités de ruches ont chuté de 37% à 15% en trois ansiii.

Des publications récentes font craindre que ces produits affectent également la santé humaine.

Dans un communiquĂ©iv du 17 dĂ©cembre 2013, l’AESA dĂ©clare que «deux nĂ©onicotinoĂŻdes – l'acĂ©tamipride et l'imidaclopride – peuvent avoir une incidence sur le dĂ©veloppement du systĂšme nerveux humain ».Ils peuvent affecter de façon dĂ©favorable le dĂ©veloppement des neurones et des structures cĂ©rĂ©brales associĂ©es Ă  des fonctions telles que l'apprentissage et la mĂ©moire.» L’agence canadienne de rĂ©glementation sur la lutte antiparasitairev classe la clothianidine, le thiaclopride et le thiamĂ©thoxam comme perturbateurs endocriniens potentiels et indique des effets

suspectĂ©s sur la reproduction chez l'animal pour l’acĂ©tamipride, la clothianidine et le thiamĂ©thoxam.

L’agence pour la protection de l’environnement des Etats-Unis (US EPA) classe le thiaclopride comme cancĂ©rigĂšne probablevi.

 

L’utilisation de ces molĂ©cules n’a pas permis une augmentation significative des rendements

pour les agriculteurs :

les rendements du tournesol et du maïs entre 1995 et 2007, n'ont pas été affectés parl'interdiction du Gaucho (Agence Européenne de l'Environnement)vii

sur le blé et le colza, les traitements néonicotinoïdes n'ont pas d'impact notable sur les rendements (étude britannique portant sur 20 ans)viii

aux Etats-Unis, 19 Ă©tudes montrent que les nĂ©onicotinoĂŻdes n’ont pas permis une amĂ©lioration significative des rendements des cultures.(Center for Food Safety)ix

en Italie, l'interdiction des néonicotinoïdes et du fipronil n'a pas diminué les rendements demaïs (Apenet )x

des chercheurs français ont constaté que l'intensification des cultures ne permettait pas d'augmenter le rendement, voire occasionnait plus de variabilité, pour les cultures hautement dépendantes du service de pollinisationxi

Le document du parlement européen «Existing scientific evidence of the effects ofneonicotinoid pesticides on bees»xii préconise, en substitution aux néonicotinoïdes, larotation des cultures, les méthodes de lutte biologiques (nématodes contre la chrysomÚle),une protection des végétaux préventive et non chimique, et la promotion de l'agriculture biologique

La rotation des cultures est efficace pour lutter contre le taupin et la chrysomĂšlexiii.

Pour les fruits et lĂ©gumes, il existe suffisamment de mĂ©thodes alternatives pour se passer d'insecticides systĂ©miques ( protection filet anti pluie, confusion sexuelle, auxiliaires, rĂ©pulsif, traitements bio , 
 ) mais leur coĂ»t est souvent plus Ă©levĂ©. Les mesures de verdissement de la PAC, dans le cadre des MAE du 2° pilier, devraient apporter un soutien Ă©conomique aux agriculteurs qui se lancent dans cette transition vers des solutions autres qu'une rĂ©ponse chimique aux problĂšmes rencontrĂ©s .

 

L'interdiction des nĂ©onicotinoĂŻdes ne sera donc pas la catastrophe annoncĂ©e par certains, au contraire elle peut ĂȘtre une stimulation pour une Ă©volution vers un mode de production agroĂ©cologique souhaitĂ© par le ministre de l'agriculture. De nombreux paysans pratiquant l'agriculture agroĂ©cologique, paysanne ou biologique font la preuve qu'une agriculture sans nĂ©onicotinoĂŻdes est possible.

Quand un besoin est identifié, les options de lutte antiparasitaire pour éviter l'utilisation desinsecticides néonicotinoïdes sont variées et peuvent inclure la diversification et modification de la rotation des cultures, les dates de plantation, le travail du sol et l'irrigation, l'utilisation des variétés

moins sensibles dans les zones infestées l'application des agents de lutte biologique et en dernier lieu l'utilisation d' insecticides à risque réduit. Ces options sont souvent plus efficaces lorsqu'elles sont appliquées en combinaison dans une stratégie globale de lutte intégrée.

L' Agence Européenne de l'Environnement estime que maintenir l'utilisation généralisée des néonicotinoïdes augmente le risque de préjudice grave pour l'environnement et menace la sécurité alimentairexiv

 

Le parlement nĂ©erlandais, sur la base des Ă©tudes montrant l’impact des nĂ©onicotinoĂŻdes sur la mortalitĂ© Ă©levĂ©e des abeilles et l'apparition de lĂ©sions cĂ©rĂ©brales chez les enfants, a invitĂ© le gouvernement nĂ©erlandais Ă  adopter un moratoire sur tous les nĂ©onicotinoĂŻdes jusqu'Ă  ce qu'il soit Ă©tabli que les nĂ©onicotinoĂŻdes n'ont pas un effet nĂ©faste sur les abeilles et la santĂ© humaine.

 

En vertu de l’article 69 du rĂšglement europĂ©en n°1107/200, lorsqu’il apparaĂźt qu’une substance

active est susceptible de constituer un risque grave pour la santé humaine ou animale ou

l’environnement, un Etat membre ou la Commission europĂ©enne peuvent engager une procĂ©dure

visant à restreindre ou interdire l’utilisation et la vente de la substance.

La France, premier pays agricole de l’Union europĂ©enne, s’est fixĂ© pour objectif de devenir

leader de l’agro-Ă©cologie et a engagĂ© plusieurs actions Ă  cette fin. Mais malgrĂ© les annonces les rĂ©sultats sont alarmants. Le bilan Ă  mi parcours d'Ecophyto-2018, qui devait rĂ©duire de 50% la consommation des pesticides est catastrophique. Des mesures volontaristes s'imposent.

Il est grand temps de prendre des décisions qui permettent de mettre en oeuvre le développement de l'agroécologie voulue par le gouvernement, et de l'agroécologie paysanne pratiquée par de nombreux paysans français qui n'utilisent pas de néonicotinoïdes. Leur interdiction contribuera à cette évolution.

La France a su adopter dĂšs 2012 une position forte pour la protection des pollinisateurs en initiant,et en soutenant jusqu’à son terme, le processus qui a conduit Ă  l’interdiction partielle de trois nĂ©onicotinoĂŻdes. Il lui appartient aujourd’hui de poursuivre son action en incitant l’Union europĂ©enne Ă  aller plus loin.

 

Le SĂ©nat qui a votĂ© Ă  l'unanimitĂ© le rapport d'information de la mission commune sur lespesticides et la santĂ© «Pesticides vers le risque zĂ©ro », ne peut pas se satisfaire d'une simple constatation. Il lui appartient de soutenir une rĂ©solution qui va dans le sens des recommandations inclues dans ce rapport. 

Cette proposition de rĂ©solution vise Ă  inviter le gouvernement français Ă  agir auprĂšs de l’Union europĂ©enne pour obtenir un moratoire europĂ©en sur l’ensemble des pesticides nĂ©onicotinoĂŻdes tant que les risques graves sur l’environnement et la santĂ© humaine ne seront pas Ă©cartĂ©s.


Télécharger le document original ICI

 

i http://www.tfsp.info/assets/WIA_2015.pdf

ii Lautenbach S, Seppelt R, Liebscher J, Dormann CF (2012) Spatial and Temporal Trends of Global Pollination Benefit. PLoS ONE 7(4): e35954. doi:10.1371/ journal.pone.0035954

iiiApenet (2011a): UnaapiÂŽs synthesis and highlighting of the report on activities and results of the Apenet project

"Effects of coated maize seed on honey bees" 2011:

http://www.reterurale.it/flex/cm/pages/ServeBLOB.php/L/IT/IDPagina/860

v http://www.sagepesticides.qc.ca/Recherche/RechercheMatieres.aspx

/

x Apenet (2011b): Letter to the Agricultural Committee of the European Parliament, 30.sept 2011, Prof. Stefano Maini, APENET, Bologna University, Italy.

xii Existing scientific evidence of the effects of neonicotinoid pesticides on bees. IP/A/ENVI/NT/2012-09, December 2012, PE 492.465

xiiiTaupin Pierre : Terre Net 15/11/2007 www.terre-net.fr/outils/fiches/fichedetail

xiv Late Lessons from early warnings: sciences, precaution, innovation – European Environmental Agency (2013)

http://www.eea.europa.eu/publications/late-lessons-2